Retro, boulot, dodo.
Bubble Ghost
Pony Canyon & Infograme - 1990
Enfin un soufflé qui ne retombe pas. par Petemul

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Bubble Ghost ? Mystère. J'ai beau chercher, je n'ai plus le moindre souvenir de COMMENT ce jeu a pu finir entre mes mains, à l'époque bénie où, pour compter mes jeux Game Boy, je n'avais pas assez de mes 21 doigts. (Juste avant que, pour une toute autre obscure raison, je revende tout.)



Toujours est-il que j'avais beaucoup de mal, par contre, à le prêter à des copains lors des traditionnels échanges de jeux à la récré. Ils préféraient souvent mon Super Mario Land 2 ou mon Mystic Quest. Allez savoir pourquoi.

Alors que pourtant, ce jeu est énorme. Bien sûr, il n'atteint pas la puissance absolue d'un Gargoyle's Quest ou d'un Kung-Fu Master, mais oh my god, je vous en conjure, penchez-vous dessus, amis oldies. Car Bubble Ghost est une perle rare, une de ces choses que nous autres joueurs purs et durs aimons par-dessus tout : un CONCEPT. Qui plus est, plein de petits détails sympathiques. "Conceptuel et sympathique, j'ai la trique" : telle est ma devise. Entre autres. Donc : allons-y.


Youhou les copaings, ayé, j'ai fini la room.


Premièrement, levons un malentendu : aucun lien avec les "Puzzle Bobble" et "Bubble Bobble". Que nenni. Ca s'appelle "Bubble Ghost" car ze point of the game is d'incarner un fantôme ( = ghost) qui balade une bulle ( = bubble) dans une maison. Au demeurant un peu bizarre, la maison. Le genre pas du tout vivable, enchaînement de pièces complètement biscornues sans le moindre mobilier, avec des corridors étroits, des pointes partout et des objets (trompettes, bougies, ventilateurs) posés n'importe où. Même ma chambre d'étudiant ne ressemble pas à ça.


C'est joli chez vous, mais ça manque de meubles.


Bref. On déplace un fantôme qui, donc, passe à travers les murs ; et pour une raison qui n'appartient qu'à lui, ce fantôme a décidé de parcourir les 35 pièces de la maison en soufflant sur une petite bulle, puisqu'apparemment, seul ledit souffle permet d'interagir avec l'environnement. Aucun pic mortel à redouter ici, donc. Du moins pour vous. Pour la bulle, c'est autre chose. Elle doit éviter tous les objets, murs, etc. Sinon *paf*, ça explose, vous perdez une "vie" et vous recommencez la pièce. Jusqu'à ce que "mort" s'ensuive (c'est agaçant, ces jeux de fantômes, pour le vocabulaire). Et plus vous allez vite pour torcher une pièce, plus vous avez de points. Toutes les X salles, vous gagnez une vie.


PAF !!



Ca va bien la tête ?


Très concrètement, votre croix directionnelle vous permet de vous balader partout sur l'écran (un écran = une pièce). Rien ne vous arrête. A proximité de la bulle, votre fantôme a son visage tourné vers elle, sinon, rien à carrer, il est orienté dans la dernière direction que vous lui avez imprimé. Les boutons A et B servent à souffler. Quand vous soufflez sur la bulle, vous la faites se déplacer selon un vecteur, avec une intensité variable selon votre distance à la bulle et votre temps de pression sur les boutons. Au bout de quelques pixels, elle ralentit tout seul avant de s'immobiliser, attendant sagement votre prochaine poussée. Ca ressemble à du billard sans les effets, en gros. Comme vous pouvez vous déplacer en soufflant, les plus experts (genre, au hasard, on va dire : moi) arriveront à modifier la course de la bulle en plein mouvement, se permettant ainsi des trajectoires diaboliques. Car un nouveau vecteur annule l'ancien. On peut donc, en allant vite et avec précision, se faire des parcours à angle droit assez tendus.



Sauf que c'est pas si trivial que ça en a l'air. Bien sûr, au début, on rigole doucement, il suffit de pousser la bulle devant soi. Mais bien vite ça commence à zigzaguer, et à bouger dans tous les sens. Et on a beau dire, mais trouver le bon angle d'attaque et doser la force pour que la bulle s'arrête pile comme il faut, c'est loin d'être évident. La difficulté augmente comme il faut, et les dernières salles vous colleront des sueurs froides, un facteur stress vraiment énorme. D'autant qu'il n'y a ni password, ni sauvegarde : toute mort sera donc définitive, et vous devrez, à chaque fois que vos vies seront épuisées, tout recommencer à zéro. La haine. Dans le style, Bubble Ghost fait partie du hit-parade des jeux qui vous donnent envie de balancer votre GameBoy par la fenêtre en hurlant des imprécations impies.


La salle de la mort (les petites étoiles "regonflent"...)


Pour les forcenés du pad, il y a une petite consolation heureusement, c'est l'existence de raccourcis. Des trucs qui vous font passer plusieurs pièces d'un coup. Mais bien sûr, c'est en passant par un chemin *légèrement* plus compliqué. Genre corridor d'une largeur égale à celle de la bulle + 1 pixel enchaîné avec des pics escamotables désynchronisés et un courant d'air qui perturbe le tout. Ha ha ha. Le genre de friandises que personnellement je m'offre au petit déjeuner (avant de finir Contra 3 avec les pieds).


Le raccourci de la salle 14, pour TOI, public.




En sus des simples obstacles inhérents à la topographie même du parcours, vous trouverez quelques cocasses aménagements gracieusement inventés par les programmeurs. Votre fantôme a du souffle, il s'entend, c'est un fait, ne revenons pas là-dessus, ce point est acquis, fichtre donc. Alors les petits rigolos de chez Pony Canyon en ont profité, les canaillous, pour rajouter des petites énigmounettes rigolotes. Par exemple, ô stupeur, la bulle explose quand elle passe au-dessus de la bougie. Diantre ! Si je soufflais ladite bougie afin de me préserver de ses épanchements thermiques inopportuns ?





Oooooh et cette charmante petite trompette, si je permettais de souffler dedans ? Ah ben putain, ça me troue le derche, ça fait disparaître ce serpent de mes c...lles. Génial. Bon, ça va pas chercher loin, en fait ces petites interactions avec les objets sont plus là pour détendre l'atmosphère que pour vous triturer la boîte à neurones. En plus, en fait, la plupart ne servent à rien, ne débloquent rien. Juste pour décorer.




Mon préféré : L'éléphant à l'air niais.


Enfin bref. On se marre. C'est du tout bon. Le concept est marrant. C'est difficile et stimulant sans être infinissable et démotivant. Y'a des détails sympathiques (voir plus bas). Que demander de plus ? Des précisions techniques peut-être ? La maniabilité est heureusement sans faille. Les graphismes, eux, sont, euh, hem, lisibles. Et c'est tout ce qu'on leur demande, au fond. On est quand même sur un jeu de réflexion/déxterité des débuts du GameBoy, alors remisez vos ambitions au placard. On comprend ce qui se passe et ça suffit bien.


La dernière pièce. Free at last !


Bon, sur le plan sonore, par contre c'est le naufrage. Il faut l'admettre. Les sons sont inexistants, et la seule et unique musique, au demeurant fort sympathique pendant une minute, ne vous aidera pas à vous concentrer. Passé cette première minute, c'est assez horrible. Parce qu'il n'y a guère que moi pour lancer mon émulateur à fond les ballons et profiter de ce thême musical en boucle, vu que je dois être le seul au monde à l'apprécier... Donc, vu que l'environnement sonore n'est d'aucune utilité pour ce jeu, c'est peut-être le moment d'exhumer ces 33 tours de Woodie Guthrie retrouvés dans la collection de vos parents et de vous en gaver. Enfin c'est juste une suggestion...

Voilà. J'ai fait ma BA. Essayez. Ce jeu est vraiment l'emblême d'une époque où une boîte se lançait dans un jeu "sympa et sans prétention". Donc l'emblême de ce que nous cherchons tous ici, non ? Et comme en plus il doit pas courir les rues (Ramos nous en dira plus), ça fait un bel objet de collection. J'ai dit. (Et en plus ce jeu a un écran de fin pourri. Comme tous les jeux que j'aime... ah la la...)




Au revoir. Merci d'avoir joué. Cassez-vous maintenant.



*** Le Mythe Ultime du jour ***

Je vous aime et vous me le rendez bien. Alors pas de raison que je vous prive d'un MU. Car ce jeu en a un. Et un gros qui tache. Un MU qui renforce le côté bon enfant de l'histoire. Un truc tout con, idiot, inutile, mais qui déchire, un truc stupide qui tape dans le bide. Ca me fait triper à chaque fois que je le vois. Et pourtant c'est vraiment pas grand chose :

Quand vous soufflez trop longtemps...



... les joues du fantôme "rosissent".



C'est-y pas miiiiiiiiiiignon, ça ? Hein ? Hein ?
Le point de vue de César Ramos :
Malheureusement pas si commun que cela, comme tous les jeux première génération....