Le site qui a dcouvert un mars dans l'eau. Ds 1987 !
Donkey Kong Country 2: Diddy's Kong Quest
Nintendo - 1995
Bananes à foison & morts à répétition par Spoz

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Ça y est Fini, terminé, on en parle plus Jéjecte cette satanée cartouche de Donkey Kong Country 2 Diddys Kong Quest de ma Super Nintendo pour la ranger dans sa boîte et ne plus jamais y revenir. Parce que si je viens de visionner le générique de fin et que jarbore un sourire satisfait (qui nest rien dautre quun rictus cachant le fait quune partie du jeu mest restée inaccessible), je ne suis pas près doublier le parcours du combattant que je viens de me taper. Et surtout que je me suis pris une grande torgnole dhumilité dans la gueule sans la voir venir.



Il faut dire quavant lui, je venais de me refaire son illustre ancêtre quil nest plus nécessaire de présenter. Dabord parce quil a été testé en long en large et en travers, également en ces lieux, et parce quil est difficile dimaginer que vous veniez lire ces quelques mots par hasard sans jamais avoir entendu parler ni joué à Donkey Kong Country. Jeu culte pour beaucoup, révolution pour certains, le premier opus de la série sur Super Nintendo a marqué les esprits. Je ne lai pas eu à lépoque, mais on me la prêté plusieurs fois et je venais juste de le refaire avant dattaquer sa suite. Un vrai bonheur de jeu de plates-formes, assurément.



Mais alors pourquoi parler de parcours du combattant pour Donkey Kong Country 2 Diddys Kong Quest ? (que je vais appeler DKC2 à partir de maintenant, je vais pas mesquinter les dermatoglyphes en tapant son nom complet à chaque fois, jen ai besoin pour renouveler mon passeport)
Est-ce à cause dune maniabilité esquintée par rapport au premier opus ? De graphismes aussi laids que la mère à [Insérez le nom du forumeur de votre choix] ? De musiques ou bruitages capables de faire saigner vos tympans en 2,536 secondes chrono ? Non, rien de tout ça Cest juste que la difficulté a été revue à la hausse. Et pas quun peu hein, je vous prie de croire que ça pique sérieusement. Surtout quand, comme moi, on vient de se refaire Donkey Kong Country pour le fun et que cest passé sans trop forcer. Pas quil soit facile hein, il a quand même des passages bien corsés, mais il reste abordable pour beaucoup. Disons que si le premier DKC est comparable au Mont Blanc et sa grande foule damateurs qui ont réussi à en atteindre le sommet, alors DKC2 est un Everest qui ne se laissera dompter que par ceux capables daffronter les tempêtes.



Et puisque jévoque une différence importante entre les deux jeux, revenons un instant sur les autres, celles qui font que DKC a eu droit à une suite légitime quon ne saurait qualifier de simple copier-coller. Dabord parce que le scénario nest pas le même. Cette fois il ne sagit pas dune simple histoire de stock de bananes volé par les Kremlings, mais du rapt de Donkey Kong par Kaptain K. Rool qui demande ledit stock comme rançon pour la libération de notre cher gorille. Du coup cest le compagnon de Donkey lors des premières aventures qui se met en route pour le libérer, accompagné de sa copine Dixie. Plus quune variation scénaristique pour faire joli, on touche là directement à une différence importante de gameplay entre les deux épisodes. Ils ont en effet Diddy Kong pour personnage commun, mais la force brute et la masse corporelle de Donkey Kong sont remplacées par la légèreté de Dixie Kong. Du coup on ressent moins la différence dagilité et de vitesse entre les deux personnages, et Dixie peut même se permettre datteindre des endroits plus éloignés en se servant de sa longue chevelure blonde comme dune hélice qui lui permet de planer. Ajoutons à cela le fait quun personnage peut désormais porter lautre pour le lancer dans la direction de son choix. On peut se servir de cette nouvelle aptitude pour atteindre des plates-formes inaccessibles autrement (le personnage lanceur rejoint le personnage lancé si celui-ci atterrit sur une plate-forme ou dans un tonneau) ou pour collecter des objets hors de portée, le singe jeté amassant tout ce qui se trouve sur son passage avant de revenir vers son compagnon tel un boomerang. Et les développeurs ne se sont bien entendu pas privés de se servir de ces nouvelles possibilités pour nous triturer les méninges sur certains passages.



Autre nouveauté : il y a plus que de simples (régimes de) bananes à collecter. On trouve en effet 3 types de pièces dans les niveaux : des pièces estampillées dun régime de banane, des pièces DK et des pièces Krem(ling).
Les pièces avec des bananes sont des pièces de monnaie pour acheter des conseils de Cranky Kong si besoin est, participer à un quizz de Swanky Kong pour gagner des vies, prendre lavion de Funky Kong pour voyager dun monde à lautre, ou suivre des cours privés de Wrinkly au Kollège Kong et lui acheter le droit de sauvegarder. Cette monnaie est donc loin dêtre anodine, elle est même indispensable.
Les pièces DK sont au nombre de 40, grosso modo une par niveau, et Cranky Kong naura cesse de répéter que vous êtes un moins que rien tant que vous ne les avez pas toutes trouvées.
Il y a 75 pièces Krem en tout, à raison dune, deux ou trois par niveau. Elles se trouvent dans des zones secrètes où il faudra réussir à relever le challenge proposé pour les obtenir. Cest là encore une différence par rapport à DKC où il suffisait de trouver une zone secrète pour la valider. Il faut désormais trouver la pièce ou détruire les ennemis dans le temps imparti pour valider la zone secrète. Disons-le clairement : ça rend ces zones secrètes beaucoup plus intéressantes que dans le premier opus, surtout quand on sait quon peut débloquer laccès à un niveau secret du Lost World moyennent 15 pièces Krem. Cinq niveaux secrets qui coûtent 15 pièces Krem chacun font 75 pièces. Le compte est bon.



Au chapitre des similitudes, notons à nouveau la présence danimaux qui viennent aider ponctuellement Diddy et Dixie. Ils sont aussi parfois indispensables pour découvrir certains secrets et bénéficient désormais dune Super Charge qui décuple leur attaque ou leur saut. Mention spéciale pour laraignée Squitter qui permet de créer des plates-formes éphémères en toile pour explorer certains coins inaccessibles autrement. Pour augmenter son compteur de vies, on peut compter sur les (régimes de) bananes (100 bananes = une vie, comme dhab), les lettres K-O-N-G à collecter dans chaque niveau, les ballons rouges (1 vie) / verts (2 vies) / bleus (3 vies) et le quizz évoqué un peu plus haut. Les niveaux sont répartis dans plusieurs mondes, dont un secret (Lost World) qui nexistait pas dans DKC, et on affronte bien entendu un boss à la fin de chaque monde. Bref, on voit clairement quon est dans une suite de DKC, on se sent pas trop dépaysé.
Niveau graphismes, animation, maniabilité, musiques et gameplay, DKC2 nest pas en reste par rapport à son illustre aîné. Alors OK, les goûts et les couleurs, ça reste quelque chose de personnel et jai toujours du mal à mettre des mots concrets et justes sur ces notions. Jen vois déjà certains prêts à bondir pour défendre leur DKC tant chéri et venir mexpliquer avec moult arguments pourquoi il serait meilleur dans tel ou tel domaine. Quils se rassoient, cest moi qui tiens le stylo, ils nont pas droit de parole dans cette critique. Si je trouve les graphismes aussi beaux dans la globalité, je le dis et puis cest tout. Je concéderai certains niveaux plus ternes en terme de couleur, mais ça ne ma pas dérangé plus que ça. Lanimation est aussi bonne que dans DKC et la maniabilité est toujours aux petits oignons. Niveau musiques, difficile de faire mieux que celles de DKC me direz-vous. Il faudrait être un peu mad, voire très con, pour ne pas ladmettre. Et je pense queffectivement, les musiques de DKC sont globalement meilleures que celles de DKC2. Dun chouia. Mais permettez-moi de vous dire que si comme moi vous avez kiffé celle des niveaux aquatiques de DKC (Aquatic Ambiance), vous ne pourrez quadorer Forest Interlude, et surtout Stickerbush Symphony. Stickerbush Symphony que je me passe régulièrement comme ça pour le plaisir, parce que ce morceau est tout simplement sublime. Là où je mettrai DKC2 devant, cest sur le gameplay. Ça pourrait surprendre vu que tout semble magnifiquement mis à la bonne place dans les deux jeux et que jai déjà pesté sur la difficulté de DKC2, mais je vais justifier ce point un peu plus loin.



Revenons dabord à ce moment où je range ma cartouche de DKC2 dans sa boîte en me jurant de ne plus y toucher. Pourquoi tant de haine ? Parce quil ma frustré alors que je ne my attendais pas. Non content de prendre le joueur à la gorge dès le deuxième monde là où son prédécesseur y allait plus crescendo, ses derniers niveaux atteignent un degré de difficulté quil est difficile dévoquer sans balancer moult jurons. La faute à des niveaux (trop ?) longs où on peut crever au moindre mouvement/saut. On meure, on crève, on tombe, on succombe, on passe de vie à trépas, encore et encore. Et comme si cette difficulté ambiante ne suffisait pas, il faut payer pour avoir le droit de sauvegarder. Vu la difficulté des niveaux, on a pas trop envie de sattarder à chercher les pièces de monnaie ou à prendre celles qui sont visibles mais entourées dennemies. On arrive donc parfois enfin au Kollège Kong et ses points de sauvegarde après en avoir chié pendant plusieurs niveaux, mais sans les thunes nécessaires. Et si on perd sa dernière vie en retournant amasser de loseille, cest Game Over et il faudra recommencer au début du monde. Aaaaaaaah Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH Putain mais cest pas possible Ah et pour retourner faire le plein de vies dans les premiers niveaux plus faciles, il faut non seulement atteindre Funky Kong mais aussi le rémunérer cette fois. Le problème reste le même, largent pourrit le Monde, même en terre simiesque. Au final, ces soucis pécuniers rajoutent de la difficulté à un jeu qui nen avait franchement pas besoin. On ne peut plus simplement passer les niveaux, il faut absolument se soucier de ces pièces de monnaie, qui ne sont bien entendu pas conservées en cas de Game Over ou quand on éteint la console. La loose



Alors à force dinsister jai pu me défaire de Kaptain K. Rool et lever les bras au ciel, mais il mest resté une impression désagréable de jeu qui ne pardonne pas, qui ne ma jamais laissé reprendre mon souffle tellement il était oppressant, et des souvenirs de niveaux affreusement difficiles où on meurt à répétition. Sans oublier le fait de navoir débloqué quun seul des quatre niveaux du Lost World, puisque je navais pas eu la moindre envie de mattarder à collecter toutes les pièces Krem. Le compteur affiche 54 % ? OSEF, jai fini le jeu, jai eu le boss de fin, et tant pis si la notice parle dune vraie fin atteignable via le Lost World. Cest pas ça qui va mempêcher de frimer en soirée.

Ça cétait avant.



Avant quEnker ne vienne parler de la difficulté de DKC2 au détour dun tchat. Et quil dise quil reprendra peut-être sa sauvegarde « pour voir ».
Ha ha ha ha « Pour voir »
Mes souvenirs sont encore bien présents, cest tout vu
Et puis ça recommence à me travailler. Il reste des niveaux du Lost World pas débloqués dans ma sauvegarde. Si ça se trouve il me manquait que quelques pièces Krem pour en débloquer un second. Et si je sortais ma cartouche, « pour voir » ? Voir si jarrive à passer un autre des niveaux de ce monde ultime où je navais plus envie de mettre mes pieds de primate. Ça coûte rien dessayer, non ?
Et bien ça ma coûté 25 heures. 25 heures de bonheur dexploration. Alors que si on mavait dit que javais encore 25 heures à passer sur DKC2, je ne laurais jamais relancé vu le traumatisme quil mavait laissé après les 10 premières heures. Mais commencer par une fouille méthodique des premiers niveaux « pour voir » ma fait passer une première étape. Et quand on fouille bien on trouve tout, on apprend à connaître les niveaux par cur, à ne plus trébucher à tel ou tel endroit, jusquà ce que ça devienne fluide. Je peux vous dire que ça fait bien relativiser la difficulté dun jeu. Une bonne fouille méthodique et hop, on prend confiance et on nhésite même plus à poursuivre laventure niveau après niveau. Aussi parce que toute la carte est maintenant ouverte, que les voyages de Funky Kong sont devenus gratuits et accessibles, et quon peut aller aux points de sauvegarde comme on veut. Oh il faut toujours payer pour sauvegarder, mais quand on fouille on trouve des pièces. Et on retourne comme on veut vers les niveaux faciles pour faire le plein de vies si besoin est.



Vous le sentez venir alors je vais abréger le suspense : jai été au bout de laventure, jai collecté les 75 pièces Krem pour débloquer tous les niveaux du Lost World, avant de trouver les 40 pièces DK et de voir la vraie fin pour que mon compteur affiche 102 %. Ça cest fait.
Nallez pas croire que le jeu est devenu facile tout dun coup, loin sen faut. La difficulté technique est bien toujours présente, mais la fouille la remise en perspective, les niveaux ont été apprivoisés. Certaines cachettes sont bien tordues, je peux nommer une pièce DK et une cachette secrète qui mont chacune demandé une heure de fouille avant de mettre la main dessus. Et jai à nouveau balancé quelques noms doiseaux sur les derniers niveaux du Lost World. Ça pique et ça piquera toujours, même après moult passages.
Mais voilà donc DKC2 totalement réhabilité à mes yeux. Ce souvenir malsain de jeu trop difficile a laissé place à une sensation agréable de jeu corsé mais juste, où tout est bien en place, bien pensé, où on finit par profiter pleinement de la beauté des graphismes, des musiques et de lanimation sans se soucier de la maniabilité. Et non seulement je lapprécie désormais à sa juste valeur, mais DKC a fait une chute phénoménale dans mon estime peu de temps après. Je me suis mis en quête de ses 101 %, et ça a tourné au fiasco. Tout se passait bien sur les 4 premiers mondes, mais jai tourné en rond dans les 2 derniers à cause dimbéciles de game designers qui ont trouvé drôle de mettre des tonneaux hors écran à des endroits improbables ou de laisser le joueur ouvrir une zone secrète sans lui donner le temps de rentrer dedans. Ha ha la bonne blague, je me gausse et je riz jaune



Si DKC2 est plus difficile techniquement, sa fouille demande « juste » dêtre consciencieux et méthodique, de faire preuve dimagination, et surtout davoir la banane (vous lavez ?). Et en plus il se paye un luxe que navait pas toujours son prédécesseur : malgré un nombre de niveaux augmenté, malgré des niveaux parfois très longs, malgré des thèmes graphiques et musiques réutilisés dans des niveaux différents, jamais je nai eu limpression de me retrouver deux fois devant la même situation, le même piège, la même cachette. Et ça, après 35 heures de jeu, cest un bel exploit qui vous place un jeu et son gameplay (javais dit que je reviendrais dessus). Je ne sais pas sil a sa place sur un piédestal, mais il est au final plus abouti que son ancêtre, et quand on sait la place quoccupe DKC dans le cur de beaucoup dentre nous, force est de reconnaître que Donkey Kong Country 2 Diddys Kong Quest a réussi une performance dont je vais me souvenir longtemps. A tel point que je pourrais jouer avec lidée de le refaire de A à 102 % un jour. Qui leut cru ??
Le point de vue de César Ramos :
Toujours un peu plus cher que son prédécesseur, mais ces quelques euros sont tout sauf de largent jeté par les fenêtres.