Avec nous c'est soit le Nirvana, soit Montluon.
Burai Fighter Deluxe
Taxan - 1990
Le Burai Fighter du riche par Enker

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Comme le disait fort à propos Edouard Baer, la vie cest avant tout des rencontres, des gens qui tendent la main, et que le hasard et les rencontres forgent une destinée. Aurais-je fait des pieds et des mains pour avoir une Nes si mes voisins chez qui mon grand frère et moi allions jouer nen avaient pas eu une ? Serais-je ici, là, devant vous, à rédiger de belles proses si je navais pas rencontré mon grand frère, qui avait lui aussi eu la bonne idée de rencontrer ledit voisin ? Et si sa jeune sur ne mavait pas un jour prêté Burai Fighter sur Game Boy, seriez-vous en ce moment même en train de lire ce texte ? Je vous le demande, prenez le temps dy penser.



Cétait il y a longtemps. Le propre du temps qui file n'est-il pas quil a tendance à embellir les souvenirs les plus flous ? Ce Burai Fighter Deluxe, je lavais beaucoup apprécié, puis je ny ai plus jamais retouché et laissé agir les années passant et leur savoir-faire unique pour magnifier limage de mes souvenirs, les rendre aussi formidables que la plus formidable aventure terrestre. Un régal, un plaisir intense, une pointure même : voilà tout ce que ce Burai Fighter minspirait. Mais maintenant, quen est-il ? Patience, patience, on y vient.



Avant toutes choses, soyons un peu factuel : Burai Fighter Deluxe est le portage de Burai Fighter sur NES, un shmup efficace auquel je nai pour le moment jamais joué. Point de comparaison dans ce papier, si ce nest que des banalités entrevues sur le net comme quoi le jeu est plus court et les écrans plus petits (ah bon ?). Mais cest aussi Space Marauder, un remake vraisemblablement à lidentique et en couleurs sur Game Boy Color. Mais quand limmaculée clarté du blanc est lune lisibilité aussi limpide, pourquoi sencombrer de quelques teintes colorées purement superflues, je vous le demande ? (Ceci est une question totalement rhétorique, en fait je ne demande pas votre avis, jai déjà tranché sur la question)



Burai Fighter Deluxe, ce sont cinq niveaux à traverser avec un boss à la clé pour chacun dentre eux, des ennemis fendant lair par vagues successives, des petits tirs pas bien nombreux mais suffisamment vicieux, des murs et autres cloisons parfois labyrinthiques (il parait quil y a des zones secrètes, je nen ai trouvé aucune), mais surtout un scrolling forcé tantôt horizontal, tantôt vertical, qui aura la subtile idée de changer de direction sans prévenir. Et qui occasionnera nombre de crashs contre un ennemi mal anticipé ou coincé dans un des dédales préalablement cités, ce qui est, ne nous le cachons pas, le sel même du jeu.



Ah ça, il faut vivre la situation dun scrolling forcé dans une voie sans issue pour voir léchec se rapprocher inéluctablement sans pouvoir faire quoi que ce soit. Mais vu que lon retiendra rapidement les mauvais chemins, on finira par pardonner rapidement ce petit impair, dautant plus que le jeu nest pas avare en points de passage.



En fait, le jeu nest pas forcément bien compliqué. En échouant, on retient les passages un peu plus complexes, jusquà parvenir à les traverser avec aisance, les boss sont quant à eux plus impressionnants que retors. Ils peuvent même devenir une véritable promenade de santé à condition darriver avec une arme bien améliorée : comme dans tout jeu du genre qui se respecte, une petite sélection darmes alternatives qui augmentent en puissance au fur et à mesure des récoltes. Le R (Ring), moins puissant mais qui a la faculté de traverser les parois, le L (Laser), intermédiaire et qui perce les lignes ennemies, et le M (Missile) qui est le plus puissant mais également le moins fonctionnel. Dès que le personnage se fait toucher, il perd une vie et larme quil utilisait à ce moment redescend à zéro, mais les autres cumulées conservent leur niveau. Ce qui permet une petite pointe de stratégie, en laissant sur le banc une arme bien gonflée à bloc en vue de laffrontement avec le boss tout en faisant le niveau avec une munition moins avancée. Et pour les urgences, une pression sur le bouton A envoie une bombe qui nettoie les alentours.



Parlons vite fait du personnage : on dirige un scaphandrier qui peut se déplacer et tirer dans toutes les directions, aussi bien horizontales que verticales, mais aussi diagonales. La maniabilité est irréprochable. Les développeurs ont également fait leffort de faire un sprite différent selon la position de notre spationaute, cest vraiment plaisant dès lors que lon y prête attention. Les tableaux font quant à eux un peu vide avec bien peu déléments décoratifs et rappellent que lon est sur les débuts de la console, tout comme quelques clignotements mal maîtrisés par-ci par-là. Mais comme dit plus haut cest vraiment limpide, lessentiel est là et cest bien ce quon demande.



Rajoutez un soupçon de bande-son à la cool, pas de celles que lon se remémorera la larme à lil, mais de celles qui savent se faire discrètes dans le feu de laction et qui nirriteront pas nos nerfs au bout de la trente-cinquième boucle. Du travail de pro.



A lheure du neuvième paragraphe de cette critique, serait-il temps de récapituler ? Un level design bien en adéquation avec un scrolling forcé, une progression tactique réfléchie, un bon travail aussi bien graphique que sonore, mais un challenge pas forcément au rendez-vous. Voici le moment de dégainer le dernier atout du jeu de derrière ma cape : on peut régler la difficulté ! Eh oui ! Trois modes sont disponibles dès le début du jeu, du plus simple au plus difficile, cachés derrière des sobriquets pas clairs pour un rond. Imaginez plutôt : Eagle, Albatros et Ace. Savoir que laigle, symbole de testostérone, est le niveau le plus faible me fait beaucoup rire intérieurement. Ah là, ça la ramène moins les amerloques !



Mais voilà : quand on est assez COUILLU pour finir le jeu en Ace, non seulement on a accès au véritable écran de fin, mais en plus le jeu nous gratifie dun code pour accéder au mode de difficulté ULTIMATE qui, comme le nom lindique, est le défi le plus relevé.
Et comme il en va de ma crédibilité auprès du lectorat du site, la rédaction de ces quelques lignes aura été lexcuse idéale pour my mesurer. Et étrangement, cest surtout sur le mode Ace que jen ai bavé : la redécouverte du jeu, déjà, mais aussi le fait de le faire en plusieurs fois et de recommencer ma partie au dernier niveau atteint grâce aux mots de passe (javais oublié den parler, il y a des mots de passe dans ce jeu ! Un par niveau et par mode de difficulté, point positif supplémentaire qui sajoute à la pile) ont mis mes nerfs à rude épreuve. Alors que le mode Ultimate, je lai fait dune seule traite à la suite, en conservant tous mes power up au travers des niveaux : cest vraiment bien plus facile.



Un message de félicitations pas piqué des hannetons vient souvent récompenser le joueur le plus besogneux. On peut définir celui dispensé à la fin du mode ultime de « culte », je vous laisse en juger par vous-même.



Les souvenirs sont très souvent des salopards qui nous renvoient à une dure réalité. Mais il arrive quils soient dune douceur caractéristique, chaleureuse et réconfortante, qui nous berce avec la satisfaction de sy refugier avec nostalgie. Comme ce Burai Fighter Deluxe, qui reste indéniablement une excellente valeur intemporelle sur Game Boy où lon peut se replonger avec plaisir, des années plus tard.
Et une bonne valeur refuge dans les temps qui courent, ça na pas de prix.



Ce qui na pas de prix non plus, cest le petit cadeau Bonux de fond du paquet : vous vouliez du mode Ultimate ? Profitez-en, cest gratuit : GDCP.
Le point de vue de César Ramos :
A l'image du jeu, son tarif est à l'épreuve du temps et reste abordable. Une satisfaction de plus.